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Felix Serralles Teretonga Park 2013 Toyota Racing Series
© Euan Cameron Photography

Toyota Racing Series – Les raisons d’un succès

Rencontrant un succès grandissant à l’international, les Toyota Racing Series, conçues pour faire émerger de jeunes pilotes néo-zélandais avant de les lancer en Europe, attirent de plus en plus les pilotes étrangers. Au point de voir seulement quatre pilotes nationaux sur vingt-trois engagés en 2014. Retour sur les raisons d’un succès.

Le calendrier

Inutile d’enfoncer des portes ouvertes. Quand l’été règne en Europe, l’hiver est en vigueur en Nouvelle-Zélande, et vice versa. Profitant ainsi de conditions plus favorables et du manque de compétition sur le vieux continent, les organisateurs ont densifié au fil des années le calendrier jusqu’à faire tenir cinq meetings en seulement cinq week-ends. De quoi offrir une préparation formatrice et une belle aventure humaine aux concurrents qui n’ont pas à multiplier les nombreux trajets en avion.

L’expérience

Conçue comme un incubateur de talents locaux pour trouver les nouveaux Chris Amon, Bruce McLaren et Denny Hulme, les Toyota Racing Series offrent un package assez récent permettant aux pilotes de faire leurs premières armes en monoplace ou de perfectionner leur talent. Premier vainqueur de l’histoire de la discipline à tout juste 15 ans, Brendon Hartley a pu obtenir un essai avec le Red Bull Junior Driver Development, qui le conservera cinq ans durant. Earl Bamber ou encore Mitch Evans y ont aussi acquis une expérience précieuse avant de tenter l’expérience en Europe. Plus récemment, Daniil Kvyat, Raffaele Marciello ou encore Jann Mardenborough y ont affuté leur talent.

Le rapport coûts/préparation

Reposant sur des châssis Tatuus TT104ZZ, les monoplaces sont équipés de moteurs Toyota 4 cylindres 1,8l développant jusqu’à 200 chevaux nourris à l’E85. Répondant aux normes FIA de la Formule 3, elles disposent également d’un boite de vitesses séquentuelle à six rapports, chaussent des pneus Michelin, pour un poids d’environ 480 kg.

Engagé cette saison, Michael Scott annonce un budget requis de 130 000 dollars néo-zélandais, soit 80 000 euros. Certaines catégories d’entrées se montrent à peine moins chères pour une saison complète. Des coûts faibles notamment permis grâce à des légères évolutions au lieu de châssis régulièrement modifiés, ainsi qu’un solide bagage de partenaires, dont la filière néo-zélandaise de Toyota depuis ses débuts ainsi que l’arrivée de Motul en 2012, entre autres, permettant de subventionner en partie certains engagés.

La question d’un nouveau châssis avait été posée l’an passé avant d’être abandonné. Conservées une dixième saison, les Tatuus verront ainsi les pilotes limer le bitume grâce à des séances d’essais le jeudi et le vendredi avant une séance de qualification et trois courses le reste du week-end.

Le plateau

Auparavant composé de jeunes néo-zélandais, le plateau a su évoluer pour offrir une diversité rarement atteinte, permettant à des débutants de se mesurer à des pilotes expérimentés, et parfois aux portes de la F1. Les pilotes américains se font également de plus en plus présents afin d’augmenter leur bagage technique grâce à un temps de roulage important sur des circuits peu connus. L’adaptation doit donc être rapide, ce qui n’est jamais un mauvais défi.

Le prestige

Si le nom des Toyota Racing Series reste assez confidentiel du grand public, certains trophées valent le détour. On compte parmi eux la New Zealand Motor Cup, le Denny Hulme Memorial Trophy ainsi que le Grand Prix de Nouvelle-Zélande, seul Grand Prix national avec celui de Macao à avoir l’autorisation de la FIA en dehors du cadre de la Formule 1. Malgré une époque très différente des célèbres Tasman Series, succéder à Prince Bira, Stirling Moss, Jack Brabham, John Surtees, Bruce McLaren, Graham Hill, Jackie Stewart, Chris Amon, Keke Rosberg, Teo Fabi ou encore Roberto Moreno ne peut être mauvais pour se vendre auprès de partenaires potentiels.

L’exposition médiatique

En s’assurant l’un des contrats les plus avantageux de l’histoire néo-zélandaise, les Toyota Racing Series profitent d’une belle exposition en dépit du statut national de la catégorie et de son emplacement géographique décalé. Sky TV offre des rediffusions des courses tandis que Volt TV, producteur des images, assure à Motors TV une diffusion en Europe, sans compter Speed Channel en Australia et quelques liens sur YouTube. Si l’exposition mondiale reste globalement faible, elle est en fait très avantageuse pour une série de ce niveau.

En dépit d’un beau succès global et une belle vitalité, comme en témoignent les 23 inscrits à la saison 2014, les Toyota Racing Series ne sont pas à l’abri des ennuis. Après cette dixième saison, les châssis deviendront assez âgés. D’autres projets tenteront de profiter de cette situation.

Après avoir engagé Raffaele Marciello en 2011, Luca Baldisseri s’était déclaré mécontent du favoritisme néo-zélandais. Le responsable de la Ferrari Driver Academy avait tout de fois apprécié le concept et souhaite en transposer la recette dès cet hiver en lançant les Florida Winter Series, en utilisant les Tatuus de la Formula Abarth.

Enfin, dernier point et non des moindres, le nombre d’équipes reste faible. Cinq avec Victory Motor Racing, Giles Motorsport, M2 Competition et ETEC Motorsport, sans oublier le retour de Neale Motorsport. Le changement de châssis qui devra se produire à l’avenir aura des conséquences à double-tranchant. Qui ne pourra pas tenir la charge financière ? Qui sera intéressé pour un retour ou une venue ? Encore une fois, les subventions devraient être la clé pour conserver un produit honnête.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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